La nouvelle croyance
énoncée par Calvin (en 1541, édition
en français de l'
Institution
de la Religion chrétienne)
connait un succès foudroyant.
En 1560, la reine de Navarre annonce publiquement son
adhésion
à la religion calviniste. Le Sud-Ouest est
gagné grâce à l'influence de
la maison
d'Albret et à celle des marchands protestants de La
Rochelle. Au niveau du royaume de France, la population protestante
représente environ 2 millions de personnes, soit 10% de la
population.
Vers la fin de sa
vie, Henri II fait allumer des bûchers contre les
hérétiques. En
1561, des
réformés s'attaquent aux églises
(iconoclasme) ;
en réponse, des catholiques provoquent des massacres
à
Cahors, Carcassonne,... Ne pouvant les concilier au colloque de Poissy,
Catherine de Médicis accorde aux
protestants,
en janvier
1562, un édit de
tolérance qui
admet la coexistence de la religion
catholique et de la religion protestante.
1ère
guerre (1562-1563) : le
1er mars 1562, tuerie à Wassy par le duc de Guise
de dizaines de huguenots. Cela est reproduit à
Cahors, Carcassonne, Agen,... Les
protestants
prennent les armes. Prise de Rouen (qui aurait pu être
livrée aux Anglais) et victoire à la bataille de
Dreux par le duc de Guise. Louis de Condé est
capturé en
décembre 1562. Suite à l'assassinat du duc
François de Guise, la guerre se conclue en mars 1563 par le
traité d'Amboise, qui entérine l'existence du
protestantisme et des églises protestantes en France.
S'appuyant sur
le principe "tel prince, telle religion" qui
règle l'Allemagne, Jeanne de Navarre installe en 1566 le
protestantisme comme religion unique, prélats et
prêtres
catholiques étant chassés. Catherine de
Médicis demande aux prêtres mariés de
rompre leurs unions. Elle
rencontre à Bayonne le duc d'Albe, conseiller du roi de la
très catholique Espagne ; les protestants
s'inquiètent. A Foix, les protestants tuent 120 catholiques.
A Pamiers, Monluc fait massacrer 700 huguenots.
2ème
guerre (1567-1568) : Les
hommes du prince de Condé
et de Coligny tentent de se saisir de la personne du roi de France, les
Guises (duc de Montmorency) la reine de Navarre. En
1567, des huguenots égorgent 80 religieux et notables
catholiques à Nîmes ("michelade"). Les catholiques
sont vainqueurs à Saint Denis. Paix de Longjumeau, qui
rétablit l'édit d'Amboise et où La
Rochelle est
reconnue comme place protestante.
3ème
guerre (1568-1570) : le Béarn est
envahit, les
huguenots sont battus à Jarnac (où est
assassiné
Louis de Condé) et à Moncontour (mort de 6000
protestants) ; les huguenots vainqueurs à la Roche-Abeille
ravagent
des villages, montent sur Paris et sont arrêtés.
Nouvelle "michelade" à Nîmes. Le 29 juillet 1570,
signature du
traité de Saint-Germain-en-Laye (dite "Paix de la Reine")
qui reprend le traité d'Amboise : la liberté
du culte là où il était
pratiqué, et octroi
pour 2 ans 4 places de
sûreté : La Rochelle, Cognac, Montauban, La
Charité.
La Rochelle, Montauban et
Nîmes dessinent le "croissant
fertile" du protestantisme en France.
4ème
guerre (1572-1573) : En signe de conciliation,
organisation du mariage de la catholique
Marguerite de Valois avec le protestant Henri de Navarre en
août
1572. Une tentative d'attentat sur Coligny engendre la
colère
des capitaines huguenots ; Catherine de Medicis ordonne de les tuer.
Voyant là un signal, les Parisiens hostiles au mariage s'en
prennent à toute la "vermine
hérétique" : c'est le
massacre de la
Saint-Barthélémy le 2
août 1572
(au moins 2 à 3000 morts). Ce massacre est reproduit
le 3 Octobre 1572 à Bordeaux,
Toulouse, Gaillac,... (plusieurs milliers de morts). Sièges
de La
Rochelle et de Sancerre en 1573, qui se terminent par la paix de La
Rochelle et l'Edit de Boulogne : les garnisons
royales sont retirées de La Rochelle, Montauban,
Nîmes.
Se
sentant menacés, des protestants quittent le royaume,
d'autres se convertissent, d'autres résistent et
prônent
les Provinces-Unis du Midi sur le croissant La
Rochelle-Montauban-Nîmes.
5ème
guerre (1575-1576) :
en 1575, le gouverneur du Languedoc
Henry de Montmorency entre en dissidence pour devenir le chef des
catholiques Malcontents, et est soutenu par la reine d'Angleterre et
les princes
allemands. Henri de Navarre,retenu au Louvre, s'enfuit. Le duc Henri de
Guise est victorieux à Dormans. En mai
1576, signature du traité de Beaulieu (dit 'Paix de
Monsieur") :
liberté de culte et 8 places de sûreté.
Face
à la montée en puissance des protestants,
naissance
de la Ligue, avec l'appui de l'Espagne. Les conflits politiques et de
succession prennent le pas
sur le conflit religieux.
6ème
guerre (1577) : révocation de
l'édit de Beaulieu à la demande du duc de Guise.
Le
béarnais Henri se soulève, prend Agen. Les
catholiques prennent La Charité et Issoire. Paix de
Bergerac (ou "paix du roi") confirmée par l'Edit de
Poitiers, qui restreint les
avantages accordés aux protestants par l'édit de
Beaulieu : 2 places de sûreté, La Rochelle et
Montpellier. Dissolution de la
Ligue et de la Confédération protestante.
7ème
guerre (1579-1580) :
guerre mesurée,
surnommée "guerre des Amoureux", parce qu'elle fut l'effet
des
intrigues conduites par les femmes, à la cour de Henri de
Navarre et à celle de Catherine de Medicis. Profitant des
troubles, des bandes armées terrorisent les populations dans
le Sud-Ouest. Henri de Navarre s'empare de Cahors. Convention
du Fleix en 1580 qui confirme l'Edit de Nérac: 14 ou 15
places
pour 6 ans.

(carrés
rouges : les principales places de sûreté
protestantes)
Signalons
également le soutien de l'Angleterre protestante aux Huguenots par
la façade atlantique ,
et de la très
catholique Espagne à la Ligue par la
chaîne pyrénéenne
8ème
guerre (1585-1594) : le
traité de Nemours interdit la religion
réformée. Henri III voit son
armée
écrasée par celle du Navarrais à
Coutras en
octobre 1587, mais il ne renie pas ce dernier comme son
éventuel successeur. Ayant fait assassiner son rival le
ligueur
duc de Guise, Henri III fait appel au béarnais, et
ensemble ils assiègent Paris. Après l'assassinat
d'Henri
III lors du siège en 1589, Henri de Navarre
devient
l'héritier du royaume de France. Après
d'indécises
batailles en province contre la Ligue, le futur Henri IV abjure le
calvinisme en
1593 et rentre dans Paris en 1594.
Le dernier ligueur, le duc de
Mercoeur, allié aux Espagnols, se soumet
début 1598.
Le 30
avril
1598, le roi signe l'Edit de Nantes
:
la liberté de culte est limitée aux villes
où le
service religieux protestant est déjà
célébré, et des sommes
sont allouées à
l'entretien des ministres du culte calviniste, et à
l'entretien
des garnisons dans les places de sûreté
laissées
aux huguenots. En revanche, le catholicisme est proclamé
"religion d'Etat". Parce qu'il octroie des garnisons et des places de
sûreté, il sera longuement débattu par
les
parlements régionaux, mais cet Edit assurera la paix civile
durant près d'un siècle.
Ne souhaitant pas
d'"Etat dans
l'Etat", Louis XIV le révoquera en 1685.